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histoire & légendes de Lozère
Au cours de votre randonnée, vous en verrez les traces partout.
Découvrez ici quelques uns des éléments historiques
les plus importants de ce département marqué aussi par de
nombreuses légendes.
histoire de la Lozère
la préhistoire
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Les traces de l'homme préhistorique
se rencontrent presque partout en Lozère notamment sur les causses
qui offrent nombre d'abris et grottes. Les premiers peuplements remontent
à l'homme de Tautavel il y a près de 400 000 ans. Jusqu'au
VIème millénaire avant J.C., ces hommes vivent
de chasse et de cueillette avant de se sédentariser au Néolithique
avec l'apparition de l'agriculture (élevage de bufs, de cochons
et culture de quelques céréales).
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A la fin de l'âge de bronze, la population
commence à se rassembler dans des embryons de villages puis, à
partir du VIIIème siècle avant J.C., autour de
sites fortifiés (oppidums et caps barrés).
l'époque gallo-romaine
Au Ier siècle, ce pays
qui forme aujourd'hui le département de la Lozère est habité
par les Gabales dont le nom signifie en langue celtique " montagnards
" ou " habitants des hautes terres ". Leur capitale est
Andéritum, nommé Gabalum après la conquête
romaine (Javols aujourd'hui).
Même vaincus par les Romains, les
Gabales demeurent un peuple libre avec leurs propres lois et chefs. Gabalum
devient une colonie romaine et la résidence d'un proconsul avec
son temple, son palais et son cirque dont quelques vestiges demeurent.
La grande voie romaine construite par Agrippa entre Lugdunum (Lyon) et
Tectosages (Toulouse) comprend alors un embranchement sur Gabalum et aux
croisements des axes secondaires, apparaissent de petites agglomérations
nommées " vicus " (Mende, Meyrueis
). Peu à
peu, la civilisation romaine s'impose et jusqu'au IVème
siècle après J.C., la paix romaine favorise le commerce
et l'activité économique basée sur l'exploitation
des mines, la production de poteries et la récolte de résine.
Au IIIème siècle,
le christianisme s'impose progressivement sur les rites païens notamment
avec le martyr de Saint Privat sur les pentes du mont Mimat qui domine
Mende. Le druidisme perdure encore jusqu'au VIème siècle
autour du lac de Saint Andéol où tous les ans de nombreux
adeptes se réunissent pour y jeter par sacrifice du linge, des
vêtements, du fromage, du pain ou de la cire.
le Moyen Age
A la chute de l'empire romain à partir
du Vème siècle, les Wisigoths s'emparent du pays
des Gabales mais en sont chassés par Clovis. Au moyen age, sous
les rois francs, ce pays désormais connu sous le nom de Pagus Gavaldanus
(Gévaudan) est gouverné par des comtes se disputant le pouvoir
avec l'évêque de Mende. Rattaché tout d'abord au royaume
d'Aquitaine, le Gévaudan relève successivement du comté
de Toulouse, du comté de Barcelone puis du royaume d'Aragon jusqu'en
1307 où le roi Philippe le Bel signe un acte de paréage
qui partage le Gévaudan en un domaine royal, un domaine épiscopal
et un domaine commun.
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A la fin du Moyen Age aux XIVème
et XVème siècles, le Gévaudan est ravagé
par les Anglais qui occupent tout l'ouest jusqu'au Rouergue. En 1380,
ils en sont chassés par Bertrand du Guesclin, connétable
de France, qui meurt à Châteauneuf de Randon le 13 ou 14
juillet après avoir bu l'eau trop fraîche de la fontaine
de Glauze, selon la tradition.
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les guerres de religion
Vers 1550, les idées de la Réforme
se développent dans tout le Gévaudan et plus particulièrement
dans les Cévennes, et les vallées du Lot (à Mende)
et de la Colagne (à Marvejols). Les catholiques et protestants
se livrent alors une guerre fratricide durant laquelle les villes de Mende,
Marvejols, Ispagnac, Quézac et Bédouès sont conquises
jusqu'à la signature de l'Edit de Nantes en 1598 qui tente de rétablir
une certaine tolérance. Marvejols, qui est alors la seule place
forte protestante du Gévaudan, bénéficie de certaines
garanties juridiques et religieuses.
Malheureusement, en 1685, la révocation
de l'Edit de Nantes par Louis XIV qui veut unifier le pays autour d'une
même foi entraîne la disparition de toutes les garanties accordées
aux protestants. En 1702 au Pont de Montvert, l'assassinat de l'abbé
du Chayla venu ramener les hérétiques à la "
vraie foi " marque le début de la guerre des Camisards qui
oppose les protestants mal armés et sans expérience aux
troupes régulières, nombreuses et entraînées,
durant trois ans.
après la révolution française
A la révolution, le Gévaudan
forma le département de la Lozère. Pays pauvre, beaucoup
le quittèrent pour aller cultiver la terre dans les provinces méridionales,
jusqu'au royaume d'Aragon en Espagne. Ce n'est que plus tard que les montagnards
cévenols trouvèrent des ressources contre la pauvreté
dans le développement économique avec l'activité
minière (argent, plomb et cuivre), la châtaigneraie et la
sériciculture (l'élevage des vers à soie) qui connait
un âge d'or entre 1820 et 1850 et devient une véritable industrie
agricole.
L'essor démographique atteint son
apogée au XIXème siècle mais la concurrence
des textiles artificiels et l'apparition de maladies sonnent le glas de
ces activités agricoles. Le développement du chemin de fer
entraîne un exode rural massif et la population diminue preque de
moitié (74 000 habitants). ![]()
Aujourd'hui, la Lozère faiblement
industrialisée est essentiellement une terre d'élevage.
Pour l'avenir, le département mise désormais sur la pluri-activité
et le tourisme vert dont le parc national des Cévennes véhicule
une image forte.
légendes de Lozère
La Lozère est une terre de légendes. Dans certains pays, la
tradition orale les a parfois oubliées mais ici, tous les ans,
lors des "Contes et rencontres", les conteurs et conteuses locaux,
d'Auvergne, de Bretagne ou même d'Afrique se rassemblent dans différents
villages lozériens pour perpétuer cette tradition durant
des veillées hivernales.
Découvrez ici quelques uns de ces
personnages fabuleux, ces saints légendaires ou ces animaux fantastiques
comme la Bête du Gévaudan.
Gargantua
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Comme dans beaucoup d'autres pays, Gargantua
a laissé dans le paysage lozérien des traces indéniables
de son passage. Venant des montagnes d'Auvergne, il a décrotté
ses sabots par deux fois à Quézac où l'on cultive
maintenant des lentilles et aux Bondons, formant ainsi deux belles collines
aux formes arrondies, les Puechs.
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Plus loin, Gargantua laissa ses sabots
: le gauche à Châteauneuf de Randon et le droit au signal
de Randon. Pour se distraire, il jouait au palet, cette pierre plate et
arrondie que vous retrouverez sans difficulté à Villeneuve
sur le causse Méjean et au Thor sur le chemin de la Régordane.
Ayant très faim un soir, Gargantua décrocha
une étoile et la plaça au sommet du roc Aiguille. A sa lumière,
il construisit un barrage sur le Tarn avec de gros rochers pour retenir
les poissons qu'il captura à la main. une fois rassasié,
il s'en alla laissant en place ce barrage. Vous pouvez aujourd'hui l'admirer
au Pas de Souci dans les gorges du Tarn, quelques kilomètres en
amont des Vignes, (ce chaos serait aussi lié à la légende
de Sainte Enimie; ce que vous découvrirez un peu plus loin).
Enfin, dans la région de Langogne
où il fut longtemps fêté en promenant son effigie
dans les rues du village, il saigna du nez ce qui explique la présence
de terres rouges à la Rougeyre.
la fade et la fascinièra : les fées de Lozère
Très loin de l'image classique de
la fée "Clochette", les fées de Lozère
étaient de fortes femmes aidant les gens du pays dans leur travaux
quotidiens. Considérées comme de grandes magiciennes, elles
gouvernaient la destinée des hommes. S'il arrivait qu'on les surprenne
se baignant sous les cascades ou dans les gouffres, elles réalisaient
le voeu que l'on souhaitait en échange du silence. Mais le malheur
guettait celui qui rompait ce silence !
En Lozère, dans les années
1920-1930, une vieille tradition voulait que dans les jours précédant
l'accouchement d'un enfant, on préparait avec beaucoup de soin
une chambre pour le nouveau-né. Chose surprenante, la mère
accouchait alors dans une autre pièce, voire même dans l'étable
ou dans la grange afin de tromper les fées car l'on pensait qu'elles
présidaient à la naissance : une bonne fée (la fade)
donnait santé, chance, force et amour à l'enfant mais c'était
tout le contraire s'il s'agissait d'une mauvaise fée (la fascinièra).
On croyait aussi que la fée pouvait vivre dans l'enfant qui avait
alors un comportement étrange. On disait qu'il était "fada"
car il portait la fade et l'on pensait même parfois qu'il était
porteur de chance.
Vivant souvent dans des amas de pierre,
vous pourrez admirer leur oeuvre à la Porte des Fées près
du Malzieu-Ville. La légende prétend que les célibataires
cherchant l'âme soeur voient leur voeu s'exaucer en la franchissant...
Sainte Enimie
Cette histoire se passe au VIème
siècle. Enimie, fille du roi Clotaire II et soeur de Dagobert Ier,
vouait sa vie à Dieu. Son père voulant la marier, elle pria Dieu
de lui ôter sa beauté afin d'échapper à ses
courtisans. Aussitôt, ellle fut touchée par la lèpre
qu'aucun médecin ne put soigner. Après des mois de souffrance,
elle pria pour sa guérison. Un ange lui enjoignit alors de se rendre
en Gévaudan et de se baigner dans la source de la Burle. Parti
avec sa troupe d'armes, elle parvint enfin après un long chemin
à cette source, s'y baigna et fut miraculeusement guérie.
Mais sur le chemin du retour, le mal réapparu soudainement en arrivant
en bordure du causse. Elle retourna à la source, s'y lava, guérit
à nouveau, repartit puis redevint lépreuse. Persuadée
que Dieu voulait la voir vivre en cet endroit, elle y fonda un monastère
avant de se retirer en haut d'une falaise pour vivre en ermite.
Aujourd'hui encore, la source de la Burle
est réputée pour soigner les maladies de peau.
La légende veut aussi que Sainte
Enimie soit à l'origine du chaos du Pas de Souci dans les gorges
du Tarn. N'appréciant pas de voir Enimie répandre la foi
chrétienne, le diable lui causa quelques tracas. Aidée de
l'évêque Ilère, elle le poursuivit pour l'enchaîner
jusque dans les gorges du Tarn où il plongea pour s'échapper.
Enimie demanda alors l'aide de la montagne qui détacha d'énormes
blocs de roche de ses falaises, enfouissant ainsi le diable en ce lieu
qu'on nomme le Pas de Souci, au pied du roc de l'Aiguille.
les animaux fantastiques
Ces êtres maléfiques, qui vivaient
dans les bois profonds ou dans les gouffres, terrorisaient les paysans
en dévorant leurs bêtes ou en les engloutissant dans de puissants
tourbillons. Ils ressemblaient à des animaux, mi-serpent, mi-dragon,
aux oreilles pointues et crachant du feu qu'on appelait Taranis ou le
Drac. Heureusement, ils furent vaincus par Saint Hilaire, Saint Frézal
et Sainte Enimie et ont maintenant disparu.
la Bête du Gévaudan
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Décrite comme "un loup géant
plus ou moins mâtiné de lynx, de hyène et d'ours marchant
parfois sur ses pattes de derrière", elle répandit
la terreur dans tout le Gévaudan durant presque trois ans. Cette
mystérieuse bête féroce y fit une centaine de victimes
dont parmi elles beaucoup de jeunes filles ou d'enfants. L'évêque
de Mende ordonna en vain des prières publiques et bientôt
l'idée que cette bête fut l'instrument d'une vengeance divine
ou l'incarnation du diable apparut.
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Emu par les récits venant du Gévaudan,
le roi Louis XV envoya son premier arquebusier accompagné de chasseurs
sans aucun succès. Seule une balle bénite mit fin au carnage
le 19 juin 1767.
Cette histoire de "grand méchant
loup", qui mèle réalité et fantasmagorie, fait
encore beaucoup parler d'elle. Le passage d'un couple de loups venu d'Italie
dans le nord du département en 2006 a ravivé cette légende...
l'aligot
Selon le légende, la création de l'aligot remonte au temps des
Mérovingiens, en l'an 590. Afin de régler les déboires
conjugaux que connaissaient le roi Eulalius et sa femme Tétradia,
les évêques des diocèses d'Auvergne, du Gévaudan
et du Rouergue se réunirent vers Aubrac, à la frontière
des trois provinces. A force de palabres, la faim les saisit et chacun
donna à un buronnier ce qu'il avait amené : celui d'Auvergne
des "truffets", celui du Rouergue de la tome fraîche,
du lait et du beurre et celui du Gévaudan de l'ail et du sel. Le
buronnier mélangea tous ces ingrédients dans un chaudron
au coin de la cheminée en remuant de temps en temps avec une cuillère
en bois avant de sevir cette préparation aux évêques.
Appréciant grandement ce plat, chacun voulut en emmener un bol
mais la préparation s'étirait dans tous les sens sans jamais
céder. Ils décidèrent de laisser ici ce mets qui,
depuis, est devenu l'une des plus grande spécialité culinaire
de l'Aubrac.
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En souvenir, on planta une croix, celle
des trois évêques, que vous pouvez voir environ 3 kilomètres
au nord du village d'Aubrac, en Aveyron.
Etonnament, cette légende ne précise
pas ce qu'étaient ces "truffets" qu'on utilisait avant
l'introduction de la pomme de terre par Parmentier.
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