la «face nord» du mont Lozère

(récit d'une chouette randonnée par Pierre)

L'année dernière, nous avions réalisé l'ascension du versant sud du col de Finiels sur le mont Lozère en février (cliquez ici pour en lire le récit). Cette année, nous souhaitions renouveler l'expérience sur la face nord, en venant du Bleymard mais cet hiver, qui fut plus froid et moins enneigé que le précédent, a semblé interminable et nous n'avions pas encore pu nous lancer dans cette aventure.

Par chance, le week-end printanier s'annonce propice à une telle ascension et nous décidons de partir ce samedi 10 avril. Le soleil est radieux, le température dépasse 14° à Mende malgré un vent du nord-est toujours très frais. Bien évidemment, la neige a pratiquement disparu des paysages lozériens mais les sommets du mont Lozère et de l'Aigoual apparaissent encore bien blancs. De plus, deux jours auparavant il neigeait encore en certains endroits au-delà de 1 300 m d'altitude…

Le rendez-vous est donné à 12 h 30 à la gare de Mende. Cette année, Christian, avec qui j'avais fait le mont Aigoual à la même époque en 2009 (cliquez ici pour en lire le récit), m'accompagne. Ne sachant pas trop ce qui nous attend au sommet du col, nous avons prévu des vêtements chauds sagement rangés dans le sac à dos ou dans la sacoche du vélo.
Christian, au départ depuis la gare de Mende

Le célèbre dicton stipule : " en avril, ne te découvre pas d'un fil ". C'est exactement ce que fait dame Nature : seuls les fleurs des crocus pointent leurs nez dans les prairies mais sur les arbres les bourgeons sont recroquevillés sur eux-mêmes. Un signe encourageant toutefois, tous les jardiniers sont affairés dans leurs potagers.

L'itinéraire est simple : nous remontons la vallée du Lot jusqu'au Bleymard avant de bifurquer vers la station de ski et le col. Le départ de Mende se fait par la RN 88, incontournable car c'est la seule route possible sauf à faire de grands détours. En ce jour de départ en vacances, la circulation n'est pas trop dense et la gendarmerie nationale veille au grain. Un large bas coté nous permet de rouler sans gêner les automobilistes et vice-versa. Cet aménagement est bien utile d'autant plus que c'est un long faux plat de 5 km qui nous emmène jusqu'à Badaroux. Après le village, une rapide descente précède les quelques hectomètres de cote qui nous séparent encore du col de la Tourette à 844 m d'altitude. A partir de là, nous quittons la RN 88 au profit de la RD 901 beaucoup plus tranquille.
le château du Tournel dominant la vallée du Lot

Nous continuons notre lente remontée de la vallée du Lot tout d'abord jusqu'à Sainte-Hélène, où la pente s'accentue sur 1,5 km avant de rejoindre la plaine agricole de Chadenet puis Bagnols les Bains. A la sortie du bourg, la route devient plus sinueuse tout comme la rivière qui se faufile dans une vallée de plus en plus étroite. A cet époque, la rivière est magnifique : ses eaux gonflées par la fonte des neiges sont parfaitement cristallines. Nous profitions de la beauté des paysages et de la douce chaleur pour faire de nombreux arrêts et quelques photographies.

Après avoir parcouru une trentaine de kilomètres depuis Mende, nous atteignons le village du Bleymard. Une trouée dans la vallée du ruisseau de la Combe Sourde nous dévoile la crête encore enneigée du mont Lozère. Il nous faut maintenant quitter la route principale qui rejoint le col des Tribes puis Villefort pour emprunter la RD 20 jusqu'au col de Finiels. Dans le village, après le pont sur la Combe Sourde, un premier raidillon donne un avant-goût de ce qui nous attend plus loin. Un panneau nous informe que les accès à la station de ski et au col sont ouverts.

C'est au hameau du Mazel, à 1 100 m d'altitude, que commence la véritable ascension du col : la route s'élève rapidement dans des bois de feuillus puis de conifères, avec une pente régulière de 6 à 7 % sur 5 km environ, jusqu'au chalet du mont Lozère et la station de ski. Les premières traces de neige apparaissent dans les recoins ombragés ou dans les fossés.
Christian, dans l'ascension du col de Finiels

Curieusement, malgré un temps magnifique, il n'y a que quelques randonneurs et quasiment aucune voiture. Nous y faisons une pause bien méritée, histoire de boire un coup, grignoter une barre de céréale et reprendre son souffle car l'ascension n'est pas encore terminée.
Christian, après le mur

En effet, il nous faut maintenant franchir un petit mur à plus de 10 % sur 800 m pour rejoindre la partie terminale du col, en long faux plat sur 3 km. Pour cela, pas de secret, il faut recourir à la «moulinette» et mettre tout à gauche. L'effort est récompensé : après ce difficile passage, se découvre enfin le panorama du col sous la neige.

La route est parfaitement dégagée mais par endroit l'épaisseur de neige atteint 50 à 80 cm voire plus selon les congères. Après de nombreuses pauses photo, nous arrivons au sommet à 1541 m d'altitude. Quelques personnes profitent encore de la joie des sports d'hiver. Des enfants font de la luge sous la surveillance de leurs parents et quelques mordus de ski font du ski à voile (speed riding) sur les sommets les plus élevés.
Christian au sommet du col (1 541 m)

De notre côté, nous profitons des paysages pendant quelques minutes avant d'entamer la descente vers Le Bleymard (le retour se faisant par le même chemin) sans oublier un petit tour de roue dans la neige. Même à cette altitude, la température reste fraîche mais sans sensation de froid. Le coupe-vent s'avère amplement suffisant pour descendre et la polaire, les gants ainsi que les jambières ne sortiront pas de la sacoche !
Christian, dans la descente du col

D'abord sur un rythme très cool puis beaucoup plus rapide, la descente sur Le Bleymard est technique avec de nombreuses épingles ou virages et offre des paysages superbes, sans être dangereuse car la route y est suffisamment large et le revêtement bon. Très vite, nous arrivons dans le village où nous arrêtons pour une pause à la terrasse de «la Remise».

Après quelques minutes, nous reprenons notre route en se laissant glisser jusqu'à Bagnols, sans trop pédaler entre 30 à 35 km/h. Il faut quand même forcer un peu sur les pédales à la sortie de la plaine de Chadenet pour rejoindre Sainte-Hélène puis c'est encore une longue glissage jusqu'au pied du col de la Tourette. Un petit effort sur un gros kilomètre nous amène au sommet où nous rejoignons la RN 88. Il nous reste moins de 10 km à parcourir pour arriver à Mende, avec une ultime petite montée à l'entrée de Badaroux. De nouveau, il suffit ensuite de se laisser glisser jusqu'à Mende dans un long faut plat descendant. En arrivant à la gare, nous croisons quelques copains du club, qui, de leur coté, sont aller rouler vers Marvejols.

A la fin de cette très belle balade à vélo, le compteur affiche 80 km et 1050 m de dénivelée positive. C'était un vrai régal sous un soleil très généreux et enfin de retour. Vivement la prochaine !


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