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le mont Ventoux - août 2009
(récit d'un séjour au pied du géant de
Provence par Pierre)
Après notre ultime petit-déjeuner à l'hôtel,
une fois les voitures chargées, notre petit groupe (Francis, Christian,
Fred et moi-même) quitte Saint-Bonnet en Champsaur en direction
du centre de vacances " les Florans " à Bédoin,
lieu du séjour du Codep 48, où nous devons retrouver pour
le déjeuner les copains cyclos partis en car ou en voiture le matin
même de Mende.
Nous rejoignons Vaison la Romaine par la touristique route de Nyons,
entre Diois et Baronnies. Une déviation pour cause de travaux nous
oblige à quelques détours mais nous arrivons finalement
à destination vers midi. Les premières voitures sont déjà
arrivées alors que le car est encore sur la route. En l'attendant,
nous investissons nos chambres et rangeons les vélos dans le garage.
Quelques instants après, le car débarque le reste du groupe
et son flot de bagages et de vélos. Un certain tohu-bohu règne
durant quelques dizaines de minutes, temps nécessaire à
tous pour récupérer ses clés de chambre, trouver
sa chambre dans les différentes ailes du bâtiment, ranger
les vélos dans le local et se diriger vers la salle à manger
pour le déjeuner où nous est proposé un buffet froid.
Là aussi, un joyeux tintamarre s'établit avec les aller
et venues de chacun dans cette salle qui contient largement plus d'une
centaine de personnes !
C'est au cours de ce déjeuner que Jeanine, présidente
des Cyclos du Malpas organisateurs de ce séjour, nous distribue
le programme des festivités du week-end : le vendredi après-midi
est consacré au mont Ventoux par Malaucène ou à une
sortie plus modeste dans la plaine, le samedi à une randonnée
sur la journée à travers les gorges de la Nesque et le plateau
de Vaucluse puis, pour finir en beauté, une nouvelle fois au mont
Ventoux mais par Bédoin.
Sur un groupe d'une cinquantaine de personnes, huit Mendois participent
au séjour : Alain, Marc, Emmanuel, Philippe ainsi qu'évidemment
Francis, Christian, Fred et moi-même, venus directement des Hautes-Alpes.
vendredi 28 août : 45 km et 1 600 m de dénivelée.
Pendant que Christian et Francis choisissent
le farniente pour occuper leur après-midi, Marc et Emmanuel se
lancent à l'assaut du mont Ventoux par Malaucène alors que
Philippe et Alain s'élancent sur le petit parcours. Pendant ce
temps, après une longue hésitation qui nous poussait plutôt
vers la sieste, Fred et moi-même décidons d'affronter le
géant de Provence directement par Bédoin. Au fond, nous
sommes venus presque uniquement pour cela ! Aucun de nous deux n'a jamais
gravi les pentes du Ventoux et il n'est pas question de perdre l'occasion
qui s'offre à nous.
Evidemment, ce versant est réputé
comme étant le plus difficile mais si les forces viennent à
nous manquer, il suffit de faire demi-tour pour revenir au centre quasiment
sans aucun coup de pédale. Forts de cette conviction, mais toutefois
avec une certaine appréhension, nous quittons en tout début
d'après-midi Bédoin, sous un ciel bleu azur et une température
caniculaire, en direction de Sainte-Colombe. C'est le premier arrêt
afin de profiter d'une des dernières fontaines qui jouxtent notre
parcours. Pour l'ascension, je troque le casque contre le bob trempé
dans l'eau fraîche. C'est évidemment moins sécurisant
mais aussi beaucoup plus rafraîchissant et me permet de mieux supporter
la chaleur.
A Saint Estève, un virage à
gauche nous fait pénétrer dans une des plus belles forêts
de cèdres de France. Nous sommes à 541 m d'altitude et avant
de tenter le final vers le sommet, il nous faut déjà atteindre
le chalet Reynard à 1417 m. Cela représente 876 m de dénivelée
en 9,5 km soit une pente moyenne de 9,2 %. Redoutable
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Heureusement pour nous, la première
moitié de cette ascension s'effectue en grande partie à
l'ombre. Plus haut, l'altitude rend la chaleur plus supportable alors
que les cèdres ont laissé place aux chênes rabougris
puis aux pins nous privant d'une ombre bienfaitrice. A travers la végétation,
le sommet du Ventoux et son observatoire apparaissent enfin mais il nous
reste au moins 8 à 9 km avant d'y arriver.
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Après de nombreux arrêts destinés
à reprendre son souffle, à boire et à profiter des
paysages superbes, le chalet Reynard est enfin en vue. C'est l'occasion
de se désaltérer à la terrasse ombragée du
café avant de repartir pour les 6 derniers kilomètres et
presque 500 m de dénivelée. Sur ce final, nous nous attendons
à devoir affronter le vent aux dires des copains qui ont déjà
grimpé le Ventoux. Si le mistral souffle fort, cela peut mettre
être très pénible voire impossible de gagner le sommet.
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Heureusement pour nous, le Ventoux est clément
avec nous et nous offre des conditions météorologiques presque
idéales : la température est très agréable
et le vent quasiment absent hormis en sortie de quelques virages. Très
rapidement après le chalet, toute trace de végétation
disparaît pour laisser place à un immense pierrier et les
piquets à neige jalonnent désormais le bord de la chaussée.
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Quelques centaines de mètres avant
le col des tempêtes, nous découvrons la stèle en hommage
à Tom Simpson, décédé sur les pentes du Ventoux
le 13 juillet 1967, couverte de bidons multicolores déposés
par des cyclos. Au passage du col, comme cela est courant dans les ascensions
mythiques telles le col du Galibier ou l'Alpe d'Huez, deux photographes
professionnels nous mitraillent en nous laissant une carte de visite qui
nous permettra plus tard de découvrir quelques photos souvenir
sur leurs sites Internet.
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Dans les derniers kilomètres, l'observatoire
météorologique semble enfin à portée. Encore
quelques coups de pédales et nous arrivons au sommet, fatigués
mais heureux, vraiment très heureux d'avoir réussi notre
première ascension du géant de Provence ! Au sommet, le
panorama sur 360° est superbe. Vers l'est, nous apercevons la montagne
de Lure, que nous avions gravie lors de notre séjour à Dignes-les-Bains
en 2006, mais nous ne pouvons voir la Méditerranée ni même
le mont Aigoual en raison d'une brume qui masque l'horizon lointain.
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La quasi absence de vent et une température
très douce nous poussent à profiter pleinement du moment
: nous achetons quelques pâtes de fruits, du raisin blanc des coteaux
du Ventoux pour compléter notre goûter, en profitant du paysage.
Un peu plus tard, après avoir enfilé les coupe-vents, nous
attaquons la descente vers le chalet Reynard pour profiter des 22 km de
descente jusqu'à Bédoin
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A partir du col des tempêtes et jusqu'au
chalet, une voiture nous oblige à freiner, nous empêchant
de dépasser les 78 km/h. Dommage car, sans le vent, on pourrait
se laisser glisser jusqu'en bas sans toucher les poignées. L'arrêt
au chalet s'impose pour retirer les coupe-vents qui tiennent vraiment
trop chaud ! Par la suite, la descente en forêt est un régal
: nous ne croisons que trois ou quatre voitures sur 10 km et nous pouvons
enchaîner les «pif-paf» très tranquillement jusqu'à
Saint Estève où la pente s'adoucit. Nous rejoignons ensuite
directement le centre de vacances pour retrouver les copains. En soirée,
le directeur du centre nous accueille autour d'un apéritif puis,
après le dîner, quelques uns d'entre nous profitent d'une
belle soirée d'été pour une petite partie de pétanque
avant d'aller se coucher.
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samedi 29 août : 124 km et 1 450 m de dénivelée.
Ce samedi matin, le beau temps est toujours
au rendez-vous mais le un léger mistral s'est levé. Comme
nous partons en direction du sud, cela promet un retour plus difficile.
C'est aujourd'hui la grande sortie du séjour sur toute la journée.
Le repas doit être pris à Saint-Saturnin-lès-Apt à
partir de 13 h 00. Vu la distance à parcourir le matin (environ
70 km), notre petit groupe composé de Christian, Fred, Francis,
Philippe et moi-même partons parmi les premiers après le
petit-déjeuner de manière à profiter pleinement des
charmes de cette belle région tout en roulant à notre rythme.
Alain, Marc et Emmanuel partent un peu plus tard, avec le reste du groupe.
Les dix premiers kilomètres nous amènent à Villes
sur Auzon où nous prenons la direction des gorges de la Nesque.
En ce dimanche matin, cette route très touristique est largement
fréquentée aussi bien par les cyclos que par les motards.
Nous croisons un groupe d'une douzaine de cyclistes avec des vélos
couchés. L'un d'entre eux a bricolé un carénage sur
lequel est fixé un large panneau solaire.
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Tout doucement, la route s'élève
et nous fait découvrir des paysages sauvages jusqu'au magnifique
belvédère de Castellaras, face au rocher du Cire, où
l'ensemble du groupe se rassemble pour un ravitaillement et quelques photographies.
Après cette pause, nous repartons tous vers Sault avant de bifurquer
plein sud à travers le plateau de Vaucluse.
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Jusqu'à Saint Jean du Sault, la route
domine le plateau de Belair et les bois du Défend, avec, au loin,
sa majesté le mont Ventoux. Un peu plus loin, la route borde le
château de Javon où nous nous arrêtons quelques instants
pour admirer son architecture surprenante de la Renaissance, avec un caractère
féodal marqué. En repartant, dans la descente sur Fontjouva,
Fred crève et comme il ferme la route, nous ne nous en rendons
pas compte de suite. C'est après une attente qui nous semble trop
longue au pied de la descente que Christian et moi-même faisons
demi-tour. En arrivant à sa hauteur, Fred a déjà
réparé et nous repartons immédiatement. Cela sera
le seul incident mécanique que nous connaîtrons lors de cette
semaine de vélo entre Hautes-Alpes et mont Ventoux. Au milieu des
bois et de la garrigue, quelques champs de vigne et d'olivier créent
une véritable mosaïque de paysages.
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Une longue descente peu pentue et au revêtement
très médiocre nous conduit enfin à Saint Saturnin
lès Apt. Il est presque 13 h 00 et nous retrouvons tous les autres
cyclos déjà attablés alors que les premiers plats
sont servis. Pile à l'heure ! Nous nous installons sur la terrasse
à l'ombre de la vigne pour un excellent repas accompagné
évidement d'un rosé de Provence bien frais !
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Le problème, c'est qu'une fois le
repas terminé, il faut remonter sur le vélo et reprendre
la route ce qui est toujours un peu difficile. En plus, nous allons devoir
affronter la chaleur et le vent jusqu'à notre retour à Bédoin.
Mais avant cela, Christian, Fred et moi-même faisons un détour
touristique jusqu'au moulin aperçu lors de notre arrivée
dans le village. Situé sur une terrasse qui domine les maisons,
nous y découvrons aussi une très jolie vue sur l'église
et l'ancien château perché sur son piton rocheux.
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Le temps de faire cette petite visite touristique
et presque tout le monde a déjà repris la route en direction
de Gordes puis Fontaine de Vaucluse avant de revenir à Bédoin.
De notre côté, nous avons choisi de raccourcir le parcours
en coupant par Murs et Venasque avant de récupérer le parcours
prévu un peu avant Mazan ce qui nous fait faire une vingtaine de
kilomètre en moins. C'est dans l'ascension vers le village de Murs
que Christian, Fred et moi-même rattrapons Francis et Philippe ainsi
qu'un duo britannique de tandems en voyage dans la région.
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Un arrêt au village permet de se ravitailler
en eau et de reformer le groupe que la côte et surtout le vent soufflant
en rafale avaient disséminé. De même, au sommet du
col de Murs, une petite pause s'impose avant d'entamer la descente sur
Venasque à travers de belles gorges et de gagner la plaine.. A
partir de là, il n'y a plus d'abri et nous roulons en file indienne
pour essayer de se protéger du vent jusqu'à Bédoin.
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Au fur et à mesure, en petits groupes,
tous les cyclos regagnent le centre de vacances après une superbe
journée de vélo et presque 150 km parcourus. Après
une balade comme celle-ci, personne ne fait de vieux os le soir d'autant
plus que quelques courageux souhaitent grimper le Ventoux le lendemain
matin
dimanche 30 août : repos mais pas pour tous !
Hormis Alain qui a encore des forces pour
affronter les pentes du Ventoux, tous les Mendois se reposent en laissant
les vélos au garage. Comme pour beaucoup d'autres cyclos, ce dimanche
matin est consacré à la visite du village de Bédoin.
Après une visite du très beau cimetière, Christian,
Fred et moi-même nous promenons dans les ruelles étroites
jusqu'à l'église avant de gagner le sommet de la colline
où jadis fut édifiée l'église originelle du
village et dont il ne reste que quelques tombes parmi les ruines d'anciennes
fortifications. Du haut de ce promontoire, la vue est superbe sur le village
et le mont Ventoux.
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Par la suite, nous descendons vers la rue
principale en flânant au travers de ces rues pittoresques en escalier
et ces petites places où les fontaines et l'ombre des platanes
distillent une agréable fraîcheur. Cette séance de
farniente se poursuit à la terrasse d'un café où,
pour une fois, nous regardons les autres pédaler : en ce dimanche
matin une nouvelle fois très ensoleillé, ils sont très
nombreux à avoir enfourché leur vélo et à
se diriger vers le Ventoux par petits groupes ou en solitaire, jeunes
ou moins jeunes. C'est une véritable procession qui défile
toute la matinée.
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Plus tard, nous regagnons le centre pour
un ultime apéritif. Les premiers cyclos sont déjà
de retour et nous nous retrouvons tous ensemble pour notre dernier déjeuner
avant de repartir chez nous, la tête pleine de ces belles randonnées
et des paysages superbes rencontrés durant toute cette semaine.
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| Vous pouvez découvrir l'album photos de ce séjour
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